Protection des données à caractère personnel en Afrique

Dernière mise à jour : 11 juil.

Protection des données à caractère personnel en Afrique : LASPAD montre la voie à travers le projet de renforcement de la protection des données à caractère personnel (ProDp-Africa).


Le Centre d’Excellence Mathématique Informatique et TIC (CEA-MITIC) de l’UGB, a abrité ce mardi 02 février 2022, l’atelier méthodologique de démarrage du projet ProDp-Africa dont l’objectif est de renforcer la protection des données à caractère personnel. C’est avec une démarche pluridisciplinaire et l’implication des 54 pays africains que ce dit programme de recherche, initié et piloté par le LASPAD (Laboratoire d’analyse des sociétés et pouvoirs/Afrique-diasporas) entend procéder pour proposer des solutions appropriées à la problématique majeure que constitue la protection des données à caractère personnel en Afrique.




A l’entame de ces propos, la Professeure Mame Penda BA, Directrice du LASPAD, a commencé par remercier l’ensemble des partenaires du laboratoire dans le cadre de ce programme de recherche comme AFRO (Africa Regional Office) d’Open Society ainsi que les différents participants (en présentiel comme en ligne) de l’atelier. Il s’agit d’enseignant-chercheurs, d’agents de la CDP, d’informaticiens et de chercheurs juniors (étudiants en Master/Droit).


Revenant sur les défis du programme ProDp-Africa, Professeure BA rappelle que l’université publique doit jouer un rôle déterminant en matière de production des savoirs modernes notamment sur la protection des données à caractère personnel qui représentent aujourd’hui beaucoup d’enjeux à l’échelle africaine et internationale. En ce sens, faire de l’UGB le hub francophone de débat critique où se discutent certaines problématiques relatives à la protection des données à caractère personnel, est l’un des objectifs visés. En outre, l’autre préoccupation de ce projet est de réfléchir sur le positionnement et l’engagement de l’Afrique dans cette nouvelle ère de la révolution digitale sans avoir à occuper un rôle subalterne. Pour rappel, la production scientifique en Afrique, surtout francophone dans le domaine de la protection des données à caractère personnel, reste relativement faible en raison du manque d’intérêt ou de l’ignorance de la question de la part de nos chercheurs. Tel est l’avis de certains participants de l’atelier en l’occurrence M. Mamoudou Niane, M. Boubacar Diallo et Mme Yaye Hélène Ndiaye.


En effet, pour M. Mamoudou Niane, Coordonnateur scientifique du projet, le programme ProDp-Africa est né d’un constat : l’existence d’un vide en matière de production sur la question. Donc, il s’agira de promouvoir la production scientifique, financer la recherche sur cette question, réunir l’expertise africaine autour du numérique etc. pour combler ce gap. M. Boubacar Diallo, quant à lui, évoque la problématique de la souveraineté de nos Etats qui, selon lui, sont incapables de proposer des solutions sur la question en raison d’un manque de données. En ce sens, Mme Yaye Hélène Ndiaye a mis l’accent sur son insatisfaction par rapport aux données disponibles et qu’elle trouve d’ailleurs pauvres pour apporter des solutions qui puissent garantir la protection des données. Cet état des lieux sur la question de la protection des données à caractère personnel vient avant la discussion générale des participants autour de quelques thématiques relatives aux données, au big data, aux algorithmes, à la 4ème révolution industrielle qui ont fait l’objet d’un éclairage conceptuel de la part de M. Ibrahima Sakho, IT manager, CEO Stellar-cybersécurity.


Rappelant le contexte de l’étude, M. Mamoudou Niane a souligné quelques thématiques retenues en ce sens. Il s’agit de la question de la révolution numérique (la disruption technique, la régulation et l’aspect économique) ; la place de l’Afrique sur la question de la protection des données à caractère personnel (proposer un modèle de réflexion purement africain) ; les données à caractère personnel (l’aspect humanité et éthique) et enfin la production scientifique. Par ailleurs, la phase de présentation du programme de l’étude a été suivie d’un brainstorming sur les objectifs, les axes d’intervention et les activités prévues. S’agissant des axes d’intervention, 4 axes ont été retenues : digital, économie, droits humains et l’aspect technologique. Ainsi, des propositions et interventions ont été faites dans quelques une de ces axes de la part des participants. C’est le cas de M. Adama Diouf qui, intervenant sur l’aspect économie numérique a parlé de la question de la circulation des données. M. Mouhamed Diop s’est quant lui intéressé sur l’aspect digital notamment la politique publique autour du numérique, la régulation c’est-à-dire le modèle approprié à mettre en place etc.


En outre, différentes activités telles que la mise en place d’un Master à distance, l’organisation de MOOC sur les données personnelles en collaboration avec l’UVS, la tenue d’un symposium, la production d’un ouvrage collectif etc. ont été retenues. Enfin, une synthèse des différents points suivie d’une séance de photo en famille a clôturé l’atelier à 17h.