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Le journalisme scientifique face à l’urgence climatique



Une soixantaine de journalistes scientifiques francophones se sont réunis à Dakar du 11 au 15 octobre 2022 afin d'échanger sur leur profession face à l’urgence climatique. Six jours de conférences, de discussion en tables rondes et d’ateliers autour de différentes thématiques liées au climat: les maladies négligées en Afrique qui pourraient migrer au nord du fait des changements climatiques, l’impact de ses changements sur l’agriculture entre autres. L’édition scientifique francophone s’est invitée aux débats.


Mame Penda Ba, rédactrice en chef de la revue Global Africa et directrice du Laboratoire d’analyse des sociétés et pouvoirs / Afrique - Diasporas (LASPAD) a saisi l’occasion pour plaider en faveur d’une meilleure valorisation de la profession de chercheur et le financement de la recherche. Elle a estimé qu’aujourd’hui « en Afrique, la formation des chercheurs est devenue une question périphérique. Il n’y a pas de financements pour la recherche. Les chercheurs se voient obligés de publier à l’international pour périr après ou arrêter de publier”. Elle s’exprimait dans le cadre du panel consacré à la « Décolonisation des médias » divisé en deux parties: la première était axée sur la nécessité de changer le regard des médias occidentaux sur l’Afrique alors que la seconde partie était consacrée à l’édition francophone. Afin de changer la perception qu’ont les médias occidentaux sur le continent africain, il est nécessaire que scientifiques comme journalistes soient dans la recherche afin de produire des articles de qualité. Les moyens financiers font certes défaut mais ce n’est pas une raison suffisante pour passer sous silence les productions faites par les chercheurs et publiées par le CODESRIA entre autres. Et concernant certaines publications scientifiques en Afrique, le non-respect de la méthodologie de recherche disqualifie certaines productions scientifiques. C’est tout le sens de l'École des Jeunes Chercheurs mis en place dans le cadre du projet Global Africa, partenaire de ce colloque, qui vise à créer et pérenniser une revue d’excellence depuis le continent, en renforçant les capacités de recherche et de production scientifiques, qui ne sont pas du ressort du journaliste scientifique.


Ce dernier n’est pas un scientifique. Il est avant tout un journaliste spécialisé en santé, en environnement, en agriculture, dans la technologie entre autres, a tenu à rappeler M. Kossi Elom Balao, président du Réseau des journalistes scientifiques d’Afrique francophone (RJSAF). Un bon journaliste scientifique doit toujours être dans une logique de formation. Il est appelé à aider le public à penser l’information. Il doit aller au-delà de la couverture factuelle de l’information. Par exemple, s'il y a une inondation, une pandémie, s'intéresser aux causes, aux conséquences, à la fréquence de ce phénomène entre autres.


Pour rester dans la logique de renforcements de capacité, les premières discussions en tables rondes ont tourné autour de questions sur l’avenir des journalistes scientifiques: les leçons tirées de la pandémie de la Covid-19 et s’ils.elles sont appelé.e.s à devenir des journalistes climatiques. Les panels d’experts se sont intéressés d’abord aux changements climatiques et à l'insécurité alimentaire et hydrique avec la participation d’experts de l’IGE[U1] de la Côte d’ivoire, du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (Consultative Group on International Agricultural Research – CGIAR) et de LEMAR [U2] du Sénégal. Ensuite, le deuxième panel a été consacré aux maladies négligées et émergentes en Afrique avec des scientifiques de Initiative médicaments contre les maladies négligées (Drugs for Neglected Diseases initiative - DNDI[U3] [U4] ) de la République démocratique du Congo et de l’Institut Pasteur de Dakar. Plusieurs ateliers se sont tenus sur la boîte à outils du journaliste scientifique, la production de podcasts scientifiques et la production d'une émission scientifique entre autres. La conférence des journalistes scientifiques francophones s'est terminée par une série de visites de terrain entre des exploitations agricoles relevant de l’agroécologie, le plateau technique de Bel Air, les laboratoires à l’Institut Pasteur de Dakar, une visite des studios de Radio France international (RFI) à Dakar entre autres.


Le RJSAF est une association à but non lucratif née à Lausanne, en Suisse, lors de la 11e conférence mondiale des journalistes scientifiques pour valoriser, promouvoir et œuvrer à la vulgarisation de la science au sein de l’espace francophone.

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