Nous pensons en effet que les universités africaines peuvent parfaitement prendre à bras le corps les défis extrêmement sérieux auxquels elles sont confrontées : défi lié à la structure démographique du Continent ; défi lié au modèle économique aujourd’hui fondé sur le savoir et l’innovation ; défi lié à l’exigence d’une vision politique fine des enjeux de notre temps, condition première pour la conception et la mise en œuvre de politiques éducatives et de recherche de rupture ; défi essentiel et urgent de l’adéquation de l’université avec sa mission historique, celle de comprendre, refléter, anticiper et accompagner les préoccupations de la société. 

L’ambition de notre laboratoire est de faire du LASPAD et de l’Université Gaston Berger un creuset de réflexion sur les dynamiques en cours sur le Continent et au sein de ses diverses diasporas ; de faire de la recherche universitaire un outil essentiel et incontournable dans les débats de société et les processus politiques de décisions stratégiques ; de se positionner comme une expertise du Sud qui analyse les problématiques et dynamiques en cours dans les sociétés africaines et dans le monde ; et de former les élites africaines dans ce qui, en se développant, doit devenir un hub sous-régional.

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Un laboratoire africain

 

Décolonisation inachevée, rareté des ressources endogènes (financières, humaines, symboliques, morales), extraversion poussée, gouvernance inefficiente, défaut d’intégration à la société, autoreprésentations aussi dérisoires qu’inquiétantes, mais surtout absence de vision et de parole propres, tels sont quelques constats qui n’ont cessé de nous pousser à l’interrogation. Que faisons-nous de nos universités telles que nous les avons reçues ? 

Ces constats de crise ont nourri un afro-pessimisme tenace auquel nous refusons de céder. Tour à tour inquiets et enthousiastes, nous nous sommes convaincus de l’unique issue possible : s’emparer du devoir et des moyens de faire de nos universités non pas seulement des espaces de production de savoirs, de leurs transmission et discussion, mais le lieu de la définition, par nous-mêmes et pour nous-mêmes, de notre projet de société, le lieu d’émulation et de libération de notre génie collectif.

Nous avons ainsi décidé de créer un laboratoire africain, interdisciplinaire et plurilingue de recherche-action en sciences humaines et sociales : le Laboratoire d’analyse des sociétés et pouvoirs / Afrique - Diasporas (LASPAD) se veut être notre contribution à la nécessité pour l’Afrique de disposer d’un espace de recherche et de réflexion sur les problématiques des sociétés africaines et sur les enjeux globaux.

Les atouts dont nous disposons sont nombreux en termes de créativité et de résilience et, faut-il le rappeler, des universitaires africains même sous la brutalité des régimes dictatoriaux et dans les pires périodes de démantèlement de nos services publics d’éducation, de santé et de recherche n’ont jamais cessé de penser leurs sociétés et le monde. 

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